Décès accidentel d’un adjudant du 3° RPIMa

Suite à l’accident mortel dont a été victime un sous-officer du 3° RPIMa, le message ci-dessous a été transmis à l’amicale du 3:

Le général Caille et l’UNP ont appris l’accident de Caylus. 

Un nouveau « Petit » du 3 est tombé au service de notre Pays. 

Nos pensées vont à sa famille. Que son épouse et son enfant soient assurés de la compassion et du soutien des Anciens, qu’ils soient du 3 ou de L’UNP.

L’UNP se tient aussi aux côtés de l’amicale. 

Malgré ce drame le 3 continuera à  « Être et Durer » pour maintenir le souvenir de ceux qui ont tout donné pour lui et pour notre Patrie.

Général P. Caille

Billets des généraux (2S) Daniel Roudeillac et Maurice Scmitt relatifs à la démission du CEMA

Saint-Cyrien, ancien chef de corps du 3ème RPIMa, le général de division (2S) Daniel Roudeillac a servi dans les troupes aéroportées jusqu’en 1994 et exercera notamment les fonctions de Commandant supérieur en Caraïbe. Chef de corps au Liban et au Tchad, il commande le Groupement aéroporté avant de rejoindre Bonn en Juin 1989 où il sera l’Attaché de Défense de l’ambassade de France en Allemagne. Le général Roudeillac s’est exprimé sur les évènements qui secouent actuellement les Armées à travers un billet sur l’affaire de la démission du général de Villiers ainsi qu’un billet adressé au président du Souvenir Français, rapportés ci-dessous. 

Le général Schmitt, quant à lui, a occupé successivement les fonctions de chef d’état-major de l’armée de terre puis de chef d’état-major des armées de 1985 à 1991. Il s’est également exprimé notamment sur les commentaires de Mr. Castaner dans les médias à l’égard du général de Villiers. 

 

Démission de Villiers (par le général Roudeillac)

A propos du « Chef des Armées »

Le petit monde des Politiques et des journalistes jubile; Pensez-donc, le jeune Président de la République vient de sermonner les militaires. « C’est moi le Chef! Taisez-vous! et en substance…. »J’aime la réserve tenue par nos armées, qui a fait ce qu’elles sont aujourd’hui »
En pensant de la sorte et en s’exprimant ainsi, notre jeune Président de la République montre une fois de plus qu’il n’a pas compris ce que sont les militaires du 21° siècle, qu’on ne commande ni par la menace ni par des flatteries stériles, mais par la cohérence des discours et des actes. Les soldats de 2017 ne sont pas ceux que M. Macron s’imagine, ils n’obéissent plus au « chef » mais à l’homme qui les respecte, les aime et met en harmonie ce qu’il leur dit avec ce qu’il leur « donne ».

Ces soldats, ou tout au moins leurs chefs, se souviennent en effet de l’opprobre jetée sur la corporation au lendemain de la défaite de 1940. Pourquoi les Généraux n’ont-ils pas mis en exergue les faiblesses de l’appareil de défense de la France à la veille du conflit?

Il est en effet du devoir des chefs d’alerter ceux devant lesquels les « képis…et les casquettes s’inclinent » il est en effet de leur devoir d’alerter sur les conséquences des choix effectués, notamment budgétaires, lorsque les menaces s’accumulent pour mettre en danger la France. Le retard pris en matière d’équipement notamment ne se rattrape pas. Le Chef d’Etat-major des Armées s’est clairement exprimé à cet égard. C’était son devoir. Il n’y a pas lieu de le sermonner aujourd’hui comme on sermonnait hier le caporal de semaine pris en défaut de balayage.
Il ne reste plus au Gal de Villiers qu’ à démissionner, fort du constat fait que  » J’aime la réserve tenue par nos armées, qui a fait ce qu’ elles sont aujourd’hui » n’est plus d’actualité.

Il serait temps que les Président de la République mettent à jour leur « logiciel » concernant la mentalité des soldats du temps présent.
Si la discipline est la force principale des armées, il y a belle lurette que cette discipline passe désormais par le filtre de la morale, de l’éthique et du bien commun.

 

Adresse au Président du souvenir Français (par le général Roudeillac)

Le moins qu’on puisse dire c’est que vos informations ne parviennent pas jusqu’à la base, semble -t-il, une base, qui selon le discours habituel… « n’a rien compris »…les nombreux retours qui me parviennent, démontrent que je ne suis pas seul à ne rien comprendre.

Or il y a belle lurette, qu’avec d’autres, nous vous avons compris…

Quant à la décision d’engager le souvenir français dans une cérémonie visant à honorer les Présidents de la République décédés, vous aurez du mal à faire passer l’idée que cela s’inscrit dans le cadre du statut de l’Association. On pourrait comprendre, à la limite que la SMLH le fasse puisque les ex Présidents furent grand maître de l’ordre…

En fait,  tout cela correspond à une volonté Politique de pouvoir instrumentaliser, si besoin, la Mémoire, en en maîtrisant l’expression. Or la Mémoire ne saurait être commandée.  Le « culte de la mémoire » doit rester une initiative du tissus associatif concerné et s’agissant de la mémoire combattante, les Associations savent de toujours qu’il n’y a pas lieu d’en politiser ni le discours ni les actes. Vous semblez vous refuser à comprendre que vous engagez le souvenir français sur une voie hasardeuse….en considérant honorables  dans le temps tous les Présidents de la République décédés. 

Servir est une chose, servir en acceptant  le sacrifice suprême au combat en est une autre. Et c’est de ceux-là que nous devons entretenir et glorifier la mémoire. 

Vos délégués sur le terrain font un travail remarquable, ne les engagez pas dans des actions qui risqueront de les déconsidérer aux yeux de leurs concitoyens.

 

Une relance inopportune et même une faute (par le général Schmitt)

J’ai découvert avec étonnement, et même stupeur, les propos tenus par mr. Castaner, porte-parole du Gouvernement, dans le figaro du vendredi 21 juillet. Ces propos visent le général d’armée de Villiers, démissionnaire, qui avait été prolongé dans ses fonctions de chef d’état-major des armées le 30 juin 2017.

A l’origine du processus, qui a conduit à cette démission, on doit relever le manquement à son devoir de discrétion d’un membre de la commission de la défense nationale (peut-être de plusieurs). Jamais les critiques visant Bercy n’auraient du se retrouver dans les média. Pour avoir occupé les fonctions de chef d’état-major de l’armée de terre puis de chef d’état-major des armées de 1985 à 1991 j’ai, à plusieurs reprises, eu à m’exprimer devant les commissions de la défense de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Je l’ai fait en toute franchise sans avoir eu à déplorer de fuites qui auraient, bien entendu, compromis la sincérité des propos tenus ultérieurement.

La polémique a duré environ une semaine donnant souvent lieu à des interventions et des débats de qualité. Je n’y reviendrai pas.

Le 21 juillet, sur la base aérienne d’Istres, le Président de la République a prononcé un discours à la fois important (maintien des deux composantes de la dissuasion), rassurant (engagement pour un budget porté à 34,2 milliards pour 2018) et apaisant (affirmation des vertus – au sens latin du mot – du général de Villiers et de son successeur le général Lecointre).

La polémique aurait du alors s’arrêter, chacun pouvant se remettre sereinement au travail, le Premier Ministre, la Ministre des armées, le chef d’état-major des armées dans le cadre fixé par l’ordonnance sur l’organisation générale de la défense.

Monsieur Castaner ne l’entendait pas ainsi. Alors que Président de la République s’exprimait à Istres, il gratifiait le général de Villiers dans les colonnes du figaro du 21 juillet, d’un jugement décousu, presque haineux, dont je ne retiendrai que le mot « déloyal ». Accuser de déloyauté un serviteur de l’Etat et particulièrement un militaire est insultant.

Ces déclarations de mr.Castaner méritent la poubelle. Elles risquent cependant de compliquer inutilement les rapports entre les responsables politiques et les militaires ulcérés.

A l’évidence mr.Castaner ne connait rien à la sensibilité des Soldats de la France. Sur ce sujet il est plus que temps qu’il révise les bases de sa communication. Il pourrait lire ou relire quelques auteurs Blaise de Montluc, Alfred de Vigny, Lyautey et surtout le fil de l’épée de Charles de Gaulle parmi d’autres.

Général d’armée (CR) Maurice Schmitt

CEMAT puis CEMA de 1985 à 1991

Président d’honneur national de l’association des décorés

de la Légion d’Honneur au péril de leur vie.