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DBP fut la plus furieuse, la plus longue bataille du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient. 170 jours d'un affrontement meurtrier, dont 57 jours d'enfer.
Aujourd’hui, 53 ans après, il ne reste plus que quelques centaines de survivants.
Pour nous parachutistes, cette journée du Souvenir doit marquer la communion avec le passé et rendre un hommage solennel à tous ceux, morts ou vivants, qui se sont illustrés à jamais dans la cuvette.
Il nous incombe, 53 ans après, un impérieux devoir de mémoire. C’est à tous les combattants de Dien bien Phu que vont notre souvenir, notre respect et notre admiration.
Le 7 mai 1954, après cinquante-sept jours d'épouvantable vacarme, de sang, de fureur, de fracas des armes, de combats au corps à corps dans un décor devenu dantesque, un silence incroyable, irréel, un silence pétrifiant s'abat brutalement sur la cuvette de Dien Bien Phu. La mort dans l'âme, le commandant de la garnison,  le général Christian de Castries, promu au cours du siège, a donné l'ordre de cessez-le-feu à 17 h 30 avec consigne de détruire auparavant le maximum de matériel. Après cinquante sept jours de combats acharnés, de souffrances inhumaines, de courage, d’héroïsme, les combattants de l’Union française cessaient le combat du camp retranché.
Dans les tranchées noyées par les pluies de mousson, les soldats épuisés, hagards, à court de munitions, assaillis par l'odeur des cadavres qui gisent autour d'eux, attendent que les petits hommes verts aux casques de latanier viennent les faire prisonniers. Beaucoup sont blessés, soignés par des pansements de fortune. Ils ne savent pas encore qu'un autre calvaire les attend : celui des camps inhumains, des lavages de cerveau, de la mort à petit feu sous la férule de commissaires politiques qui, avec une méticulosité bureaucratique, voudront obtenir l'expiation de leurs péchés capitalistes.
Parachutistes, légionnaires, artilleurs, fantassins, transmetteurs, aviateurs, marins de l’aéronavale, tirailleurs nord-africains, soldats vietnamiens et vous les tribus montagnardes, vous les maquis disséminés dans la jungle à l’écoute de l’agonie de vos camarades, vous tous qui de près ou de loin avez vécu cette tragique épopée, soyez  tous honorés par la France.



Message du Général Piquemal Président National de l'UNP pour le 53éme anniversaire du cessez le feu
à Dien Bien Phu - 7 mai 2007-


Durant 57 jours de combat impitoyables, de souffrances indescriptibles, vous aviez cru avoir connu les horreurs les plus atroces, la boue, le sang, la mort horrible des combats en un mot l’enfer, et que rien de pire ne pouvait vous arriver et pourtant… submergés par une marée fanatisée, politisée, ivre de revanche, vous deviez durement payer le prix de votre abnégation et de votre magnifique courage au combat par l’humiliation des camps viets et singulièrement comme celui de l’infâme, du sinistre et funeste Boudarel, le camp 113. Dans ces camps abominables, 7600 de vos camarades, victimes d’une barbarie idéologique d’un autre âge que l’on croyait pourtant révolue, ont sombré et péri corps et âme dans cet effroyable tourbillon. Cette hécatombe, ces crimes seront soigneusement occultés pendant plus de 30 ans. Nous avons donc, au nom de l’histoire et pour ce cinquante troisième anniversaire, l’exigeant devoir  d’en témoigner.
N’oublions jamais que ces soldats se sont battus pour la France, sur ordre de son gouvernement, pour défendre la liberté de pays amis face à l’agression marxiste.
N’oublions jamais encore que si la plupart des Français restèrent indifférents, certains prirent ouvertement parti pour nos adversaires, sabotant nos armes dans les usines, agressant nos blessés dans les ports et, comble de l’ignominie, participant à l’encadrement de nos prisonniers dans les camps viets au taux de mortalité record.
N'oublions pas non plus combien notre armée de professionnels a donné sur ce théâtre du bout du monde, dans l'indifférence de la Nation, la mesure de sa valeur militaire. Elle s'est là-bas magnifiquement bien battue, et combien de Bazeilles, de Sidi-Brahim, de Camerone resteront inconnus, mais qui comptent au capital des gloires de nos armées. Notre Armée peut être fière de cette page de son histoire, une des plus belles qu'elle a écrite, qui incarne les plus fortes vertus militaires : le courage, l'abnégation, le sacrifice.